Les plus anciens luths remontent à l'époque mésopotamienne (époque Akkad, 2350 avant J.C.)
Ce type d'instrument à caisse de résonance, long manche et cordes est très répandu dans toutes les
civilisations : sitar et sarod en Inde, luths chinois, japonais et vietnamiens, tar iranien, oud arabe...
Importé en Europe au moyen-âge, lors des invasions sarrazines, il fut adopté, intégré à la musique médiévale comme le compagnon, avec la vièle, des troubadours et trouvères, puis transformé au fil des âges.
C'est donc, à cette période, un instrument à caisse piriforme avec un manche terminé d'un cheviller formant un angle par rapport au manche, muni de cinq "chœurs", ou paires de cordes accordées à l'unisson ou à l'octave, la première corde : la chanterelle, peut parfois être simple.
Plan d'un Luth par Arnaud de Zwolle
Ces cordes sont en boyaux d'agneau. Elles sont mises en vibration au moyen d'un plectre de plume ou de bois. La table d'harmonie est percée d'une ou plusieurs rosaces sculptées.
Rosace de Luth sculptée par Stephen Murphy
Pour la période qui nous intéresse, les apports importants à l'instrument eurent lieu à la fin du XVème siècle, par l'ajout d'une sixième paire de cordes, dans le grave, par l'utilisation systématique de frettes et l'abandon du jeu au plectre au profit d'un jeu polyphonique avec les doigts.
Plusieurs accords étaient utilisés, les plus courants en sol et en la.
SOL sol, do do', fa fa', la la, ré' ré', sol'
LA la, ré ré', sol sol', si si, mi' mi', la'
Mais on trouvait aussi des luths basse en Ré ou en Mi.
Autre révolution qui fit la gloire de l'instrument à la Renaissance : l'imprimerie, qui permit aux éditeur de mettre sur le marché des livres de "tablatures" (notation idiomatique pour l'instrument, représentant la musique sous forme de chiffres ou de lettes placés sur des lignes indiquant les cordes, et donc les doigtés à réaliser. Les rythmes étant indiqués par des signes placées au dessus de la tablature).
L'éditeur Italien Petrucci publia les premières tablatures à Venise en 1507.
Mais nous avons également conservé quelques très belles tablatures manuscrites...
Tablature manuscrite ornementée de Vincenzo Capirola (1517)
Tout au long du XVIème siècle, l'instrument évolua, principalement par adjonction de cordes supplémentaires : luth à 7, 8 puis 10 chœurs. Puis l'accord fut modifié au début de l'ère baroque.
Valéry Sauvage, 2005
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